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  • melane

13 mars 2020

J'ai freiné avec les dents

 

En temps normal, je me dis toujours que c'est une bonne idée d'écrire, pour vous raconter ce que l'on vit actuellement. En temps normal, je ne le fais pratiquement jamais, par manque de temps. Mais depuis une semaine, du temps, on en a plus que l’on n’a jamais eu. Même si au final, j’en aimerai plus pour moi. Je veux vous écrire ces lignes sous la forme d’un journal parce que j’ai peur de ne plus me souvenir des sentiments qui m’habitent en ce moment, une fois qu’on sera en plein cœur de la crise ou encore quand tout sera derrière nous et que les seuls souvenirs qu’on aura seront les plus marquants.


J’ai peur d’oublier cette espèce de crainte en sourdine qui m’habite le cœur depuis une semaine. J’ai peur de ne plus me souvenir de ce drôle de « feeling » qui ne me quitte pas une seconde, cet état de choc qui me fait dire que ce qui nous arrive est indescriptible. Parce que ce qui nous arrive est historique. Je ne croyais pas vivre cela de mon vivant (qu’elle prétention) Tout est mis sur pause.


Quand vous serez grandes, vous vous souviendrez sûrement des longues vacances de 2020 mais pas tellement de la crise du Covid-19. Vous ne vous souviendrez sûrement pas de l’économie qui a pris une méchante baffe, des chiffres qui montaient chaque jour et des sacrifices que les pays du monde entier on fait pour contenir ces fichus chiffres. C’est pour cela que nos vies sont chamboulées, pour contenir des chiffres. Ailleurs dans le monde des scènes d’horreur se vivent chaque jour. Des médecins doivent prendre des décisions qu’aucun humain ne devrait prendre. Des infirmières tombent au combat, soit de maladie, soit d’épuisement.


J’espère pouvoir vous écrire dans quelque temps pour vous dire que cela n’a pas été facile, mais que tranquillement, la vie a repris des allures de normalité. Mais en réalité, je ne sais pas dans combien de temps je vais pouvoir dire ça. Dans combien de temps on retournera au cinéma ? Dans combien de temps on pourra penser aller en voyage pour le plaisir ? Est-ce que nos proches y auront tous réchappé ? La vie ne sera plus jamais pareille. Et c’est en me posant toutes ces questions que le cœur me serre, que l’inquiétude me prend et que l’incertitude me donne la nausée.





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